Guillaume Martial a l’art et la manière de jouer à cache-cache à la surface de ses images, et c’est dans la mise en scène de son propre corps qu’il déploie particulièrement ses talents. Être son propre modèle lui permet de parsemer chaque image d’une bonne dose d’autodérision, qualité indispensable pour contourner le sérieux si souvent attribué aux photographies. Et si ses images ne pèchent pas par orgueil, c’est parce qu’il met à jour le jeu qu’elles contiennent. Il se retrouve tête en bas, pieds en l’air, fonce droit dans le mur pour mieux s’y fondre. Lorsque le regard s’arrête sur une de ses images, il comprend vite que quelque chose cloche. Cependant ses photographies ne sont pas des culs-de-sac, elles amènent plutôt le regardeur à déployer un scénario autour de l’image : à quoi ressemble la partie du corps qui est dissimulée ? Que se passe-t-il hors-champ ? Comment en est-il arrivé là ? Qu’est-ce qui l’a amené à plonger sa tête sous le papier peint ou à se diriger vers ces eaux sans gilet de sauvetage ? Évidemment, il n’y a pas de réponses à ces interrogations qui surviennent naturellement. Toutefois, ce va-et-vient que fait l’esprit s’avère contenir tout l’intérêt de ces photographies : chercher des causes, des précisions à ces situations absurdes engendre tout un univers autour de l’image, qui est dès lors un point de départ et non une fin. Libre à nous d’y voir une folie passagère, une référence savante, ou un jeu d’enfant.  

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