Copyright Billie Thomassin

Billie Thomassin revendique l’impossibilité photographique en créant des « photo-fictions », métaphores de l’invraisemblable. Par un jeu de mise en scène, elle fait dialoguer l’universalité de la beauté et la culture populaire, interrogeant l’ambiguïté des relations entretenues par le beau et le loufoque. Les couleurs souvent criardes qu’elle utilise renvoient à sa recherche d’une harmonie empirique, exacerbée par l’emprunt aux codes d’une esthétique surréaliste. Coloriste dans l’âme, l’artiste n’en oublie pas pour autant de réfléchir sur les enjeux formels qui constituent la photographie : étirée et tronquée, la forme est souvent suggestive. En ayant recours à une manipulation singulière de l’image, l’artiste interroge régulièrement la représentation du corps. Il est découpé, détourné, disloqué ou isolé, c’est toujours sa position insensée qui est interrogée. Bercée par Internet et son flux d’images, l’artiste maîtrise sans conteste les codes d’une culture désabusée par le trop-plein d’informations. Son univers hybride, pensé comme un point de friction entre l’art, la mode et le monde digital est mis au profit de collaborateurs de renom, parmi lesquels Hermes, YSL, Jean-Paul Gaultier ou encore Jalouse Magazine, avec qui elle collabore régulièrement. Que ce soit pour ses projets personnels ou pour des commissions de mode, son œuvre pousse le spectateur dans ses retranchements esthétiques. Presque l’ordonne-t-elle de s’y arrêter pour se défaire de l’énigme photographique à laquelle il fait face.

Fermer le menu